Après avoir parcouru 9550 km, remonté 9 fuseaux horaires, émis 840 kg de CO2 (88g/passager et /km, merci le calculateur en ligne mis en place par Air France dans son projet pour le développement durable), je suis enfin arrivée à Los Angeles en Californie.
Je me retrouve dans un monde excessif où le négatif succède au positif en un battement de cil. Je reste sans voix devant les échangeurs tentaculaires de Los Angeles qui se croisent dans tous les sens et qui ne semblent jamais désemplir. Il y a en Californie 32 millions de véhicules pour 35 millions d’habitants. L’état est le 12ème plus gros pollueur du monde et il émet plus de gaz à effet de serre que le Brésil entier, qui fait pourtant plus de 20 fois sa taille. Je soupire devant la quantité de fast food au mètre carré: Mcdonald’s, Burger King, Wendy’s, KFC, Subway, Jack in the box, Applebee’s, Taco Bell, Pizza hut…pour ne citer que quelques uns des noms les plus fréquents, dont les panneaux lumineux s’enchainent le long des avenues.
Sur les trottoirs de la cité des anges, les obèses jouent des coudes avec les fashion victims et les body buildés directement sortis des magazines. D’un côté, la terre est noire et sèche, les végétaux baissent la tête sous la chaleur accablante de l’été et on se bat contre les incendies, de l’autre, les greens des golfs et les pelouses des villas de Beverly Hills défient les lois de la saison avec leur couleur verte, éclatante sous le soleil de plomb.
Perchée sur une colline à Griffith Park, j’admire à ma droite la belle forêt aux arbres sans âge, les sentiers qui la sillonnent et qui offrent un petit paradis de nature pour les marcheurs, joggeurs, cyclistes et autres sportifs motivés. Je me sens bien et apaisée. Et pourtant, si je tourne la tête sur ma gauche, j’ai une vue saisissante sur la contradiction ironique de ce monde, la ville (routes, maisons et buildings) qui s’étale à perte de vue sur des centaines de miles, complètement enveloppée et immergée sous son « smog» , nuage bleuté résultat de la pollution atmosphérique.
Je ne sais pas quoi penser. Je laisse mes yeux glisser au delà des pierres blanches et du toit noir de l’observatoire, pour les poser sur les fameuses 9 lettres magiques à flan de montagne. Elles semblent se vouloir rassurantes, comme pour garantir à la ville qu’elles surplombent qu’il n’y a pas lieu de s’inquiéter, que tout va bien, que le rêve est possible ici et qu’il va pouvoir effacer la dure réalité qui a tendance à ternir la réputation d’Hollywood.
Après tout, à LA, même si la pauvreté est très présente, les clochards s’endorment les fesses posées sur les étoiles…





Trop bien vu ! Et trop bien dit !
C’est vrai que là, en Californie, plus que nul part ailleurs on se sent déchiré entre le sublime et l’horreur, l’admiration et le mépris, l’envie et le dégoût ! Exactement ce que tu dis : c’est à la fois le paradis et l’enfer. Un jour on adore, le lendemain on déteste. Tout dépend de comment on se sent soi-même. Ca fait très peur car je pense que ça peut en combler beaucoup comme ça peut en démolir complètement beaucoup d’autres…Je l’ai vraiment réalisé en lisant ton article !
Superbe, mais à ton retour de vacances pense à nous faire un reportage sur le Café des Délices à Tunis!