« A chaque sommet, nous repartons le ventre plein de belles promesses» – Amadou Toumani Touré – Président du Mali
Du 16 au 18 novembre, la FAO, Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture, recevait dans son siège à Rome, un sommet mondial sur la sécurité alimentaire.
L’objectif était simple: réunir les grand dirigeants de la planète pour trouver des solutions afin d’éradiquer la faim dans le monde. Les chiffres sont en effet plutôt effrayants. Aujourd’hui, plus d’un sixième de la population souffre de malnutrition (le seuil du milliard de personnes a été franchi) et 30 pays sont identifiés comme étant en situation d’urgence alimentaire. Ce rassemblement en Italie était d’autant plus justifié que dans le contexte actuel, de post crise économique, les prix des denrées alimentaires dans les pays en voie de développement ont considérablement augmenté (envolée des coûts du blé et du riz entrainant des « émeutes de la faim» dans certaines régions d’Afrique notamment) . Les experts estiment qu’au lieu de diminuer, le nombre de victimes de la faim aurait grossi de 100 millions entre 2008 et 2009.
Que faire alors? Selon Jacques Diouf, Directeur Général de la FAO, il faut investir plus dans le développement du secteur agricole, donner les moyens aux pays les plus pauvres d’assurer une production vivrière suffisante, et miser sur le long terme plutôt que dans les aides d’urgence. Selon lui, il faudrait ramener à 17% (au lieu de 5% actuellement) la part de l’aide publique des pays développés consacrée à l’agriculture des états du tiers monde. Cela représenterait une enveloppe annuelle de 44 milliards de dollars (contre 7,9 aujourd’hui).
Malheureusement, ce qui ressort de ce sommet Italien est une belle perte de temps. Sur 192 pays invités, seulement un tiers a répondu présent. A l’exception du président Italien (qui recevait dans son pays), aucun des dirigeants membres du G8 n’a fait le déplacement.
Et si, lors de ces deux journées de discussions, tout le monde est tombé d’accord sur le fait qu’avec l’expansion actuelle de la population (9 milliards d’habitants sur la planète prévus pour 2050), l’alimentation risque de se révéler être un des grands problèmes du siècle, aucune action concrète n’a été proposée, seulement des promesses dans le vide, pas de chiffres, pas de calendrier, aucun engagement… C’est vraiment très décevant.
Je conclurai ce post sur deux remarques:
1) Pour ceux qui ne le savent pas et qui se sentent touchés par ce dilemme de la faim dans le monde, sachez que devenir végétarien ou -lien, ou ne serait-ce que limiter sa consommation de viande est un moyen efficace de contribuer individuellement à lutter contre ce fléau. Et cela ne vient pas du fait que de ne pas manger de viande permettra aux ONG d’envoyer des escalopes aux pays dans le besoin, non…cela réside dans la vérité qui est que d’élever des animaux pour leur viande est une perte de ressources. Pour 500 g de céréales donnés à un boeuf par exemple, on produit 100 g de viande soit 16 g de protéines à la consommation au final, alors que 500 g de céréales au départ contiennent 50 g de protéines ! Mieux vaut donc sortir l’animal de l’équation.
Ceci est sans compter le fait que les espaces utilisés pour les élevages pourraient être récupérés pour l’agriculture.
2) Je trouve plutôt ironique que le jour où d’un côté de l’Europe s’ouvre le sommet mondial contre la faim, à l’autre bout, la Suède enregistre un record du monde du plus grand bonhomme en pain d’épices jamais fabriqué (651 kg)
