Animaux & recherche scientifique, un divorce difficile

février 23rd, 2010

vivisection

Vivisection: dissection réalisée sur un animal vertébré, vivant.

La semaine dernière, le Monde rapportait, dans l’un de ses articles, que la Commission Européenne avait décidé d’ouvrir une enquête sur la « partialité»  et la » fiabilité»  des conclusions d’un rapport rédigé par le Comité Scientifique des Risques Sanitaires et Environnementaux (CSRSE) relatif à la « nécessité de primates non humains dans la recherche biomédicale» . Dans le-dit document, le comité statuait qu’il n’y avait, à ce jour, pas de raison valide pour arrêter l’utilisation de ces animaux dans l’expérimentation scientifique, les singes et les grands singes dont les similitudes génétiques avec l’homme sont telles, qu’ils représentent les candidats parfaits pour tester la sécurité de nouveaux médicaments, pour étudier les maladies infectieuses ou encore  le cerveau.

Le sujet éveillant notre curiosité, nous avons voulu, sur la VG Terre, creuser un peu plus pour comprendre ce qu’il y avait derrière tout cela. Pourquoi la Commission Européenne a-t-elle demandé, au départ, cette enquête auprès du CSRSE ? Quelles sont les lois européennes en vigueur aujourd’hui qui régissent la vivisection et l’expérimentation animale dans la recherche médicale?

Et comme il n’existe pas grand chose question legislation sur le sujet, il a été facile de remonter à la source de l’histoire.

A ce jour, tous les pays de la Communauté Européenne doivent appliquer  la directive 86/609/CEE  sur la question de la « Protection des animaux utilisés à des fins expérimentales et scientifiques» . Ce texte date de 1986 et tente de mettre en place une régulation et un contrôle sur l’expérimentation animale, en encourageant l’utilisation de méthodes alternatives, dans la mesure du possible, et en établissant des standards sur les soins et la conservation des animaux dans les laboratoires.

L’ancienneté de cette directive (24 ans tout de même !!!), ainsi que  la mise en place, en 2003, du Protocole d’Amsterdam, contraignant l’UE à assurer le bon soin et le bien être des espèces utilisées dans les labos, ont poussé la Commission Européenne à vouloir mettre à jour ce texte. C’est pourquoi, elle a demandé au CSRSE (un de ses trois comités « conseiller» ) d’effectuer cette enquête sur l’emploi des primates dans la recherche médicale. Et suite aux conclusions qu’il a énoncées (et sur lesquelles le parlement Européen comptait baser son vote), une alliance de plusieurs organisations de défense des animaux: l’ECEAE (Coalition européenne pour mettre fin à l’expérimentation animale) a porté plainte (en octobre 2009) s’insurgeant contre le fait que les recommandations dans le rapport allaient même jusqu’à faire reculer ce qui avait été instauré dans la loi de 1986, où l’utilisation de primates non humains était déjà quelque peu restreinte, limitée à l’étude et la recherche sur les maladies mortelles et/ou dégénératives.

Et c’est à cause de cette plainte, qu’aujourd’hui, à la demande de Nikiforos Diamandouros (le médiateur européen), le rapport va être rééxaminé.

Tout cela semble donc loin d’être gagné. Cependant, la Commission Européenne déclare souhaiter résoudre la question d’ici juin 2010.

Il est vrai que le débat: avancée médicale vs. protection de l’éthique animale est compliqué. En plus du fait que chacun se sent personnellement impliqué (qui n’a pas eu besoin de médicaments ou de soins médicaux dans sa vie?), il faut ajouter que les institutions politiques en charge de légiférer sur la question subissent d’énormes pressions de la part des laboratoires et fournisseurs d’animaux.

Sur la VG Terre, nous concluerons simplement en disant que:

Avec plus de 2 millions d’animaux tués dans le cadre de la recherche médicale & scientifique, en France seule, et par an, il est capital de mettre en place une législation qui restreint l’expérimentation animale et favorise les méthodes alternatives. Et si, aujourd’hui, la technologie ne nous permet pas encore de n’avoir que des méthodes non animales, il est bien que le débat reste ouvert, et il est encore plus primordial que le bien être et la non souffrance des animaux de laboratoire soient défendus et en première ligne dans les choses à considérer pour la legislation sur le sujet.

One Response to “Animaux & recherche scientifique, un divorce difficile”

  1. clementine dit :

    Et Rappelons en passant que désormais les produits Yves Rocher ne sont plus testés sur les animaux ! ils ont reçu le Label « One voice»  :)

    Petite question : tous les produits médicaux sont-ils testés sur les animaux ? ou bien peut on en trouvé qui ne le sont pas ?
    Le teste sur les animaux assure t-il le non-danger pour les humains à plus de 80% ?

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