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	<title>VG Terre &#187; Littérature</title>
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	<description>La planète verte</description>
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		<title>La minute littéraire&#8230;</title>
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		<pubDate>Tue, 05 Jul 2011 21:14:49 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Marion</dc:creator>
				<category><![CDATA[Littérature]]></category>
		<category><![CDATA[Bashevis Singer]]></category>
		<category><![CDATA[Bentham]]></category>
		<category><![CDATA[littérature]]></category>
		<category><![CDATA[Plutarque]]></category>

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		<description><![CDATA[C&#8217;est pratique de partager son appartement avec sa petite soeur, surtout quand cette dernière est végétarienne et étudiante en philosophie. Elle me trouve toujours quelques bons textes à lire, le soir. Et aujourd&#8217;hui, j&#8217;ai eu envie de partager avec vous 3 extraits, qui en plus d&#8217;être très beaux, rappellent que le végétarisme n&#8217;est pas né [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;">C&#8217;est pratique de partager son appartement avec sa petite soeur, surtout quand cette dernière est végétarienne et étudiante en philosophie. Elle me trouve toujours quelques bons textes à lire, le soir. Et aujourd&#8217;hui, j&#8217;ai eu envie de partager avec vous 3 extraits, qui en plus d&#8217;être très beaux, rappellent que le végétarisme n&#8217;est pas né d&#8217;hier, et que de tout temps, des hommes se sont souciés de l&#8217;animal.</p>
<p style="text-align: center;"><strong>Plutarque &#8211; <em><span style="text-decoration: underline;">S&#8217;il est loisible de manger chair</span> :</em></strong></p>
<blockquote>
<p style="text-align: justify;">&laquo;&nbsp;Pour un peu de chair, nous leur ôtons la vie, le soleil, la lumière et le cours d&#8217;une vie préfixée par la nature : et nous pensons que les cris qu&#8217;ils jettent de peur ne sont points articulés, qu&#8217;ils ne signifient rien, là où ce ne sont que prières, supplications et justification de chacunes de ces pauvres bêtes qui gémissent (&#8230;) Regardons-nous comme indifférente la perte d&#8217;une âme? Je veux que ce ne soit pas, comme le croit Empédocle, celle d&#8217;un père, d&#8217;une mère, d&#8217;un fils ou d&#8217;un ami; c&#8217;est toujours celle d&#8217;un être qui sent, qui voit et qui entend, qui a de l&#8217;intelligence et de l&#8217;imagination, facultés que chaque animal a reçues de la Nature pour se procurer ce qui lui convient et éviter ce qui peut lui nuire.&raquo;&nbsp;</p>
<p style="text-align: justify;"> </p>
</blockquote>
<p style="text-align: center;"><strong>Jérémy Bentham &#8211; <em><span style="text-decoration: underline;">An introduction to the Principles of Morals and Legislation : </span></em></strong></p>
<blockquote>
<p style="text-align: justify;">&laquo;&nbsp;Les français ont déjà découvert que la noirceur de la peau ne constitue pas une raison suffisante pour qu&#8217;un être humain soit abandonné sans recours possibles aux caprices de quelqu&#8217;un qui le tourmente. Un jour viendra peut-être où l&#8217;on reconnaîtra que le nombre de pattes, la villosité de la peau ou la terminaison de l&#8217;os sacrum sont des raisons également insuffisantes pour abandonner un être sensible au même sort (&#8230;) Un chien ou un cheval adulte est, au delà de toute comparaison possible, un être plus rationnel et aussi plus apte à la conversation, qu&#8217;un nouveau-né d&#8217;un jour, d&#8217;une semaine ou même d&#8217;un mois. Mais à supposer même qu&#8217;il en soit autrement, que s&#8217;ensuivrait-il? La question n&#8217;est pas &laquo;&nbsp;peuvent-ils raisonner?&raquo;&nbsp; ou &laquo;&nbsp;peuvent-ils parler?&raquo;&nbsp; mais &laquo;&nbsp;peuvent-ils souffrir?&raquo;&nbsp;"</p>
<p style="text-align: justify;"> </p>
</blockquote>
<p style="text-align: center;"><strong>Isaac Bashevis Singer &#8211; <em><span style="text-decoration: underline;">The Letter Writer :</span></em></strong></p>
<blockquote>
<p style="text-align: justify;">&laquo;&nbsp;Tout ce verbiage sur la dignité, la compassion, la culture ou la morale semble ridicule lorsqu&#8217;il sort de la bouche même de ceux qui tuent des créatures innocentes, pourchassent des renards que leurs chiens ont épuisés, ou même encouragent l&#8217;existence des combats de taureaux et des abattoirs. Toutes ces explications, selon lesquelles la nature est cruelle et donc nous sommes en droit d&#8217;être cruels, sont hypocrites. Rien ne prouve que l&#8217;homme soit plus important qu&#8217;un papillon ou qu&#8217;une vache. Je considère le fait d&#8217;être devenu végétarien comme la plus grande réussite de ma vie. Je ne prétends pas sauver beaucoup d&#8217;animaux de l&#8217;abattoir mais mon refus de manger de la viande est une protestation contre la cruauté. Personnellement, je ne crois pas qu&#8217;il puisse y avoir de Paix dans ce monde tant que les animaux seront traités comme ils le sont aujourd&#8217;hui.&raquo;&nbsp;</p>
</blockquote>
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		<title>Notre sélection littéraire du mois de janvier</title>
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		<pubDate>Thu, 27 Jan 2011 22:45:10 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Marion</dc:creator>
				<category><![CDATA[Littérature]]></category>
		<category><![CDATA[Chasse]]></category>
		<category><![CDATA[Paul]]></category>
		<category><![CDATA[Phoque]]></category>
		<category><![CDATA[Sea]]></category>
		<category><![CDATA[Seal]]></category>
		<category><![CDATA[Shepherd]]></category>
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		<category><![CDATA[Watson]]></category>

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		<description><![CDATA[« I have been to heaven.It is cold, clean, and pure. It is formed out of the air and it floats and drifts, constantly moving, at once solid and at the same time ephemeral. In its powdery clefts and bluish-white radiance, it gives birth to angelic lambs. It cradles them, sustaining them in their innocence and [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: center;"><a href="http://www.vgterre.net/wordpress/wp-content/uploads/2011/01/babyseals.jpg"></a><a href="http://www.vgterre.net/wordpress/wp-content/uploads/2011/01/bebephoque.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-1162" title="Bébé phoque" src="http://www.vgterre.net/wordpress/wp-content/uploads/2011/01/whitecoat.jpg" alt="" width="363" height="259" /></a></p>
<p style="text-align: center;"><strong>« I have been to heaven.It is cold, clean, and pure. It is formed out of the air and it floats and drifts, constantly moving, at once solid and at the same time ephemeral. In its powdery clefts and bluish-white radiance, it gives birth to angelic lambs. It cradles them, sustaining them in their innocence and purity.” &#8211; Paul Watson &laquo;&nbsp;Seal Wars&raquo;&nbsp;</strong></p>
<p style="text-align: center;"><em>“J’ai été au paradis. C’est froid, propre et pure. Formé à partir de l’air, il flotte et dérive, se mouvant en permanence, tout à la fois solide et éphémère. Au sein de ses dunes poudreuses et de son éclat blanc bleuté, il donne naissance à des agneaux angéliques. Il les berce dans ses bras, les maintenant dans toute leur innocence et leur pureté. » &#8211; Paul Watson &laquo;&nbsp;Seal Wars&raquo;&nbsp;</em></p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://www.vgterre.net/wordpress/wp-content/uploads/2011/01/whale-wars-paul-watson.jpg"><img class="aligncenter size-medium wp-image-1163" title="whale-wars-paul-watson" src="http://www.vgterre.net/wordpress/wp-content/uploads/2011/01/whale-wars-paul-watson-300x186.jpg" alt="" width="300" height="186" /></a></p>
<p style="text-align: justify;">Ai-je besoin de vous présenter Paul Watson? Ce canadien né en 1950, un des co-fondateurs de Greenpeace, mais surtout, fondateur de la <a title="Sea Shepherd France" href="http://www.seashepherd.fr/">Sea Shepherd Conservation Society</a> (en 1977), est l&#8217;une des personnalités du monde des défenseurs des animaux que l&#8217;on admire (et préfère) le plus sur la VG Terre. Sillonant les mers de la planète sur les bateaux de son organisation, arborant fièrement le Jolly Roger de la Sea Shepherd, quelque peu relooké en berger protecteur des animaux marins, Paul Watson est sur tous les fronts. Il lutte contre la chasse illégale à la baleine, contre le massacre des dauphins, contre le commerce des ailerons de requins, contre la pêche au thon ronge mais également et surtout, contre la chasse aux bébés phoques dans son pays natal.</p>
<p style="text-align: justify;">Et c&#8217;est dans un bouquin: &laquo;&nbsp;Seal Wars&raquo;&nbsp;, publié en 2002 (que j&#8217;ai commandé au père noël et qui par miracle s&#8217;est retrouvé au pied de mon sapin&#8230;youhou&#8230;), que Paul raconte les 25 années qu&#8217;il a dédiées à la lutte contre le massacre des bébés phoques. Le livre est incroyablement bien écrit, on y passe du rire aux larmes, de l&#8217;émerveillement à la colère profonde. Tantôt on voyage dans un univers féérique, à la rencontre d&#8217;adorables bébés phoques vivant innocemment sur le manteau glacé, blanc immaculé,  de Terre-Neuve, pour l&#8217;instant d&#8217;après, être catapulté dans un monde infernal, rouge sang, où s&#8217;enchaînent les courses poursuites à bateaux ou à pieds, de banc de glace en banc de glace, entre une mafia de chasseurs de phoques en colère, supportée par un gouvernement opportuniste prêt à tout pour faire perdurer un business si profitable, et des activistes désespérés, dont la témérité flirte parfois avec les frontières de l&#8217;insanité, alors qu&#8217;ils luttent de toute leur passion contre l&#8217;atrocité d&#8217;une tradition qui ne devrait plus avoir sa place dans notre société actuelle.</p>
<p style="text-align: justify;">Bref, vous l&#8217;aurez compris, je vous recommande grandement cet ouvrage pour occuper vos soirées d&#8217;hiver. Et afin de terminer de vous convaincre, je vous propose, ci-dessous, en teaser, quelques extraits du livre (pardonnez à l&#8217;avance ma tentative de traduction, pour les VG terriens ne parlant pas l&#8217;anglais, qui ne saurait être aussi parfaite que le texte original):</p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://www.vgterre.net/wordpress/wp-content/uploads/2011/01/SealWars.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-1164" title="Seal Wars" src="http://www.vgterre.net/wordpress/wp-content/uploads/2011/01/155297751x01_sclzzzzzzz_aa240_.jpg" alt="" width="240" height="240" /></a></p>
<blockquote>
<p style="text-align: justify;"><strong>« This was really the first time that the full-scale horror of the slaughter struck me. Large red bloody spokes radiated out from the ships where the winch lines had hauled pile of bleeding pelts across the ice. The ice floes were littered with tiny flayed corpses, each lying in a pool of congelating blood. Stepping onto the ice was surreal. We were immediately greeted by little fluffy balls of soft white fur, whose round, jet-black eyes seemed to glisten with tears. Their crying sounded hauntingly human.”</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><em>“C’était réellement la première fois que l’ampleur horrible du massacre me frappait. De larges traînées rouges sanglantes rayonnaient autour des bateaux dont des treuils avaient tirés les tas de peaux sanguinolentes au travers de la glace. Les bancs de glace étaient jonchés de petits corps écorchés, chacun reposant dans une marre de sang congelé. Marcher sur la glace était irréel. Nous avons immédiatement été accueillis par des petites boules de poils blanches et soyeuses, dont les yeux ronds, d’un noir de jais, semblaient briller de larmes. Leurs pleurs ressemblaient de façon perturbante à des cris humains. »</em></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>“He looked up at me with wide, moist black eyes and I was touched by his incredible beauty and innocence. Things got kind of personal at that point. He was no longer just any seal. I knew him now, and he knew me. We were buddies who had met on the battlefield.”</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><em>“Il me regarda avec de grands yeux noirs humides et je fus touché par son incroyable beauté et son innocence. A cet instant, les choses devinrent quelque peu personnelles pour moi. Il n’était plus un simple phoque. Je le connaissais, et il me connaissait. Nous étions des amis, rencontrés sur le champ de bataille. »</em></p>
</blockquote>
<p>Echange entre Paul Watson, à bord du Sea Shepherd II, et un garde côtes de St John’s :</p>
<blockquote><p>-       <strong>GC: « Sea Shepherd II, this is the Canadian Coast Guard Base in St John’s, will you be entering the harbour, Captain? »</strong> <em>(Sea Shepherd, ici la base canadienne des gardes côtes de St John’s, comptez-vous entrer dans le port, Capitaine ?)</em></p>
<p>-       <strong>PW : « Negative. We will be staying outside the harbour »</strong> <em>(Négatif. On va rester en dehors du port”)</em></p>
<p>-       <strong>GC: “What are your intentions, sir?”</strong> <em>(Quelles sont vos intentions, Monsieur?)</em></p>
<p>-       <strong>PW : « Our intentions are to physically prevent any sealing ships from leaving the harbour of St John’s »</strong> <em>(Notre intention est d’empêcher physiquement tout bateau de chasseurs de phoques de sortir du port de St John’s)</em></p>
<p>-       <strong>GC : « How do you intend to do that, Captain ? »</strong><em> (Comment comptez-vous faire ça, Capitaine?)</em></p>
<p>-       <strong>PW : « If we are forced to ram them to stop them, we will do so »</strong> <em>(Si nous sommes obligés de leur rentrer dedans pour les arrêter, nous le ferons)</em></p>
<p>Après une longue pause à la radio:</p>
<p>-       <strong>GC : « Captain, we will get back to you soon »</strong><em> (Capitaine, on revient vers vous dans quelques instants)</em></p>
<p>-     <strong>  PW : « Sea Shepherd II, standing by »</strong><em> (Sea Shepherd II, on attend)</em></p></blockquote>
<p>Puis plus tard avec un membre d&#8217;équipage:</p>
<blockquote><p>-      <strong> ME: « You aren’t serious about ramming them are you ? »</strong> <em>(Tu n’es pas sérieux quand tu dis que tu vas leur rentrer dedans, n’est-ce pas?)</em></p>
<p style="text-align: justify;">-       <strong>PW : « No, we won’t ram them, but the fact that we may ram them should be sufficient to deter them (…) it’s a case of using bluff as a tactic »</strong> <em>(Non, on ne le fera pas, mais le simple fait que l’on puisse le faire devrait suffire à les décourager (…) c’est un exemple de tactique par le bluff)</em></p>
</blockquote>
<p style="text-align: center;"><a href="http://www.vgterre.net/wordpress/wp-content/uploads/2011/01/babyseals.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-1165" title="Babyseals" src="http://www.vgterre.net/wordpress/wp-content/uploads/2011/01/babyseals.jpg" alt="" width="468" height="312" /></a><a href="http://www.vgterre.net/wordpress/wp-content/uploads/2011/01/babyseals.jpg"></a></p>
<p style="text-align: center;"> </p>
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		<title>L&#8217;intermède littéraire du jour</title>
		<link>http://www.vgterre.net/2010/02/lintermede-litteraire-du-jour/</link>
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		<pubDate>Mon, 08 Feb 2010 20:26:33 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Marion</dc:creator>
				<category><![CDATA[Littérature]]></category>
		<category><![CDATA[Plutarque]]></category>
		<category><![CDATA[pro VG]]></category>
		<category><![CDATA[Rousseau]]></category>

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		<description><![CDATA[Quand Rousseau cite Plutarque dans L&#8217;Emile, cela donne ça: « Tu me demandes, disait Plutarque, pourquoi Pythagore s&#8217;abstenait de manger de la chair des bêtes ; mais moi je te demande au contraire quel courage d&#8217;homme eut le premier qui approcha de sa bouche une chair meurtrie, qui brisa de sa dent les os d&#8217;une [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: center;"><strong><a href="http://www.vgterre.net/wordpress/wp-content/uploads/2010/02/JJR.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-693" title="JJR" src="http://www.vgterre.net/wordpress/wp-content/uploads/2010/02/JJR.jpg" alt="JJR" width="244" height="310" /></a></strong></p>
<p style="text-align: center;"><strong>Quand Rousseau cite Plutarque dans <em><span style="text-decoration: underline;">L&#8217;Emile</span></em>, cela donne ça:</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><em>« Tu me demandes, disait Plutarque, pourquoi Pythagore s&#8217;abstenait de manger de la chair des bêtes ; mais moi je te demande au contraire quel courage d&#8217;homme eut le premier qui approcha de sa bouche une chair meurtrie, qui brisa de sa dent les os d&#8217;une bête expirante, qui fit servir devant lui des corps morts, des cadavres et engloutit dans son estomac des membres qui, le moment d&#8217;auparavant, bêlaient, mugissaient, marchaient et voyaient. Comment sa main put-elle enfoncer un fer dans le cœur d&#8217;un être sensible ? Comment ses yeux purent-ils supporter un meurtre ? Comment put-il voir saigner, écorcher, démembrer un pauvre animal sans défense ? Comment put-il supporter l&#8217;aspect des chairs pantelantes ? Comment leur odeur ne lui fit-elle pas soulever le cœur ? Comment ne fut-il pas dégoûté, repoussé, saisi d&#8217;horreur, quand il vint à manier l&#8217;ordure de ces blessures, à nettoyer le sang noir et figé qui les couvrait ?</em></p>
<p style="text-align: justify;"><em>Les peaux rampaient sur la terre écorchées,<br />
Les chairs au feu mugissaient embrochées ;<br />
L&#8217;homme ne put les manger sans frémir,<br />
Et dans son sein les entendit gémir.</em></p>
<p style="text-align: justify;"><em>« Voilà ce qu&#8217;il dut imaginer et sentir la première fois qu&#8217;il surmonta la nature pour faire cet horrible repas, la première fois qu&#8217;il eut faim d&#8217;une bête en vie, qu&#8217;il voulut se nourrir d&#8217;un animal qui paissait encore, et qu&#8217;il dit comment il fallait égorger, dépecer, cuire la brebis qui lui léchait les mains.<br />
C&#8217;est de ceux qui commencèrent ces cruels festins, et non de ceux qui les quittent, qu&#8217;on a lieu de s&#8217;étonner : encore ces premiers-là pourraient-ils justifier leur barbarie par des excuses qui manquent à la nôtre, et dont le défaut nous rend cent fois plus barbares qu&#8217;eux.<br />
« Mortels bien-aimés des dieux, nous diraient ces premiers hommes, comparez les temps, voyez combien vous êtes heureux et combien nous étions misérables! La terre nouvellement formée et l&#8217;air chargé de vapeurs étaient encore indociles à l&#8217;ordre des saisons ; le cours incertain des fleuves dégradait leurs rives de toutes parts ; des étangs, des lacs, de profonds marécages inondaient les trois quarts de la surface du monde ; l&#8217;autre quart était couvert de bois et de forêts stériles. La terre ne produisait nuls bons fruits ; nous n&#8217;avions nuls instruments de labourage ; nous ignorions l&#8217;art de nous en servir, et le temps de la moisson ne venait jamais pour qui n&#8217;avait rien semé. Ainsi la faim ne nous quittait point. L&#8217;hiver, la mousse et l&#8217;écorce des arbres étaient nos mets ordinaires. Quelques racines vertes de chiendent et de bruyères étaient pour nous un régal ; et quand les hommes avaient pu trouver des faînes, des noix ou du gland, ils en dansaient de joie autour d&#8217;un chêne ou d&#8217;un hêtre au son de quelque chanson rustique, appelant la terre leur nourrice et leur mère : c&#8217;était là leur seule fête ; c&#8217;étaient leurs uniques jeux ; tout le reste de la vie humaine n&#8217;était que douleur, peine et misère.<br />
« Enfin, quand la terre dépouillée et nue ne nous offrait plus rien, forcés d&#8217;outrager la nature pour nous conserver, nous mangeâmes les compagnons de notre misère plutôt que de périr avec eux. Mais vous, hommes cruels, qui vous force à verser du sang ? Voyez quelle affluence de biens vous environne! combien de fruits vous produit la terre! que de richesses vous donnent les champs et les vignes! que d&#8217;animaux vous offrent leur lait pour vous nourrir et leur toison pour vous habiller! Que leur demandez-vous de plus ? et quelle rage vous porte à commettre tant de meurtres, rassasiés de biens et regorgeant de vivres ? Pourquoi mentez-vous contre votre mère en l&#8217;accusant de ne pouvoir vous nourrir ? Pourquoi péchez-vous contre Cérès, inventrice des saintes lois, et contre le gracieux Bacchus, consolateur des hommes ? comme si leurs dons prodigués ne suffisaient pas à la conservation du genre humain! Comment avez-vous le cœur de mêler avec leurs doux fruits des ossements sur vos tables, et de manger avec le lait le sang des bêtes qui vous le donnent ? Les panthères et les lions, que vous appelez bêtes féroces, suivent leur instinct par force, et tuent les autres animaux pour vivre. Mais vous, cent fois plus féroces qu&#8217;elles, vous combattez l&#8217;instinct sans nécessité, pour vous livrer à vos cruelles délices. Les animaux que vous mangez ne sont pas ceux qui mangent les autres : vous ne les mangez pas, ces animaux carnassiers, vous les imitez ; vous n&#8217;avez faim que des bêtes innocentes et douces qui ne font de mal à personne, qui s&#8217;attachent à vous, qui vous servent, et que vous dévorez pour prix de leurs services.<br />
O meurtrier contre nature! si tu t&#8217;obstines à soutenir qu&#8217;elle t&#8217;a fait pour dévorer tes semblables, des êtres de chair et d&#8217;os, sensibles et vivants comme toi, étouffe donc l&#8217;horreur qu&#8217;elle t&#8217;inspire pour ces affreux repas ; tue les animaux toi-même, je dis de tes propres mains, sans ferrements, sans coutelas ; déchire-les avec tes ongles, comme font les lions et les ours ; mords ce bœuf et le mets en pièces ; enfonce tes griffes dans sa peau ; mange cet agneau tout vif, dévore ses chairs toutes chaudes, bois son âme avec son sang. Tu frémis! tu n&#8217;oses sentir palpiter sous ta dent une chair vivante! Homme pitoyable! tu commences par tuer l&#8217;animal, et puis tu le manges, comme pour le faire mourir deux fois. Ce n&#8217;est pas assez : la chair morte te répugne encore, tes entrailles ne peuvent la supporter ; il la faut transformer par le feu, la bouillir, la rôtir, l&#8217;assaisonner de drogues qui la déguisent : il te faut des charcutiers, des cuisiniers, des rôtisseurs, des gens pour t&#8217;ôter l&#8217;horreur du meurtre et t&#8217;habiller des corps morts, afin que le sens du goût, trompé par ces déguisements, ne rejette point ce qui lui est étrange, et savoure avec plaisir des cadavres dont l&#8217;œil même eût eu peine à souffrir l&#8217;aspect. »</em></p>
<p style="text-align: justify;">Merci à notre VG Terrienne de petite soeur, infiltrée en prépa BL, pour la citation. Rien de tel qu&#8217;une bonne bouchée de mots bien pensés, à la sauce pro-VG, pour nourrir sa matière grise et se régaler les synapses.  J&#8217;en ai les axones qui frémissent d&#8217;émotion&#8230;</p>
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