
« I have been to heaven.It is cold, clean, and pure. It is formed out of the air and it floats and drifts, constantly moving, at once solid and at the same time ephemeral. In its powdery clefts and bluish-white radiance, it gives birth to angelic lambs. It cradles them, sustaining them in their innocence and purity.” – Paul Watson « Seal Wars»
“J’ai été au paradis. C’est froid, propre et pure. Formé à partir de l’air, il flotte et dérive, se mouvant en permanence, tout à la fois solide et éphémère. Au sein de ses dunes poudreuses et de son éclat blanc bleuté, il donne naissance à des agneaux angéliques. Il les berce dans ses bras, les maintenant dans toute leur innocence et leur pureté. » – Paul Watson « Seal Wars»

Ai-je besoin de vous présenter Paul Watson? Ce canadien né en 1950, un des co-fondateurs de Greenpeace, mais surtout, fondateur de la Sea Shepherd Conservation Society (en 1977), est l’une des personnalités du monde des défenseurs des animaux que l’on admire (et préfère) le plus sur la VG Terre. Sillonant les mers de la planète sur les bateaux de son organisation, arborant fièrement le Jolly Roger de la Sea Shepherd, quelque peu relooké en berger protecteur des animaux marins, Paul Watson est sur tous les fronts. Il lutte contre la chasse illégale à la baleine, contre le massacre des dauphins, contre le commerce des ailerons de requins, contre la pêche au thon ronge mais également et surtout, contre la chasse aux bébés phoques dans son pays natal.
Et c’est dans un bouquin: « Seal Wars» , publié en 2002 (que j’ai commandé au père noël et qui par miracle s’est retrouvé au pied de mon sapin…youhou…), que Paul raconte les 25 années qu’il a dédiées à la lutte contre le massacre des bébés phoques. Le livre est incroyablement bien écrit, on y passe du rire aux larmes, de l’émerveillement à la colère profonde. Tantôt on voyage dans un univers féérique, à la rencontre d’adorables bébés phoques vivant innocemment sur le manteau glacé, blanc immaculé, de Terre-Neuve, pour l’instant d’après, être catapulté dans un monde infernal, rouge sang, où s’enchaînent les courses poursuites à bateaux ou à pieds, de banc de glace en banc de glace, entre une mafia de chasseurs de phoques en colère, supportée par un gouvernement opportuniste prêt à tout pour faire perdurer un business si profitable, et des activistes désespérés, dont la témérité flirte parfois avec les frontières de l’insanité, alors qu’ils luttent de toute leur passion contre l’atrocité d’une tradition qui ne devrait plus avoir sa place dans notre société actuelle.
Bref, vous l’aurez compris, je vous recommande grandement cet ouvrage pour occuper vos soirées d’hiver. Et afin de terminer de vous convaincre, je vous propose, ci-dessous, en teaser, quelques extraits du livre (pardonnez à l’avance ma tentative de traduction, pour les VG terriens ne parlant pas l’anglais, qui ne saurait être aussi parfaite que le texte original):

« This was really the first time that the full-scale horror of the slaughter struck me. Large red bloody spokes radiated out from the ships where the winch lines had hauled pile of bleeding pelts across the ice. The ice floes were littered with tiny flayed corpses, each lying in a pool of congelating blood. Stepping onto the ice was surreal. We were immediately greeted by little fluffy balls of soft white fur, whose round, jet-black eyes seemed to glisten with tears. Their crying sounded hauntingly human.”
“C’était réellement la première fois que l’ampleur horrible du massacre me frappait. De larges traînées rouges sanglantes rayonnaient autour des bateaux dont des treuils avaient tirés les tas de peaux sanguinolentes au travers de la glace. Les bancs de glace étaient jonchés de petits corps écorchés, chacun reposant dans une marre de sang congelé. Marcher sur la glace était irréel. Nous avons immédiatement été accueillis par des petites boules de poils blanches et soyeuses, dont les yeux ronds, d’un noir de jais, semblaient briller de larmes. Leurs pleurs ressemblaient de façon perturbante à des cris humains. »
“He looked up at me with wide, moist black eyes and I was touched by his incredible beauty and innocence. Things got kind of personal at that point. He was no longer just any seal. I knew him now, and he knew me. We were buddies who had met on the battlefield.”
“Il me regarda avec de grands yeux noirs humides et je fus touché par son incroyable beauté et son innocence. A cet instant, les choses devinrent quelque peu personnelles pour moi. Il n’était plus un simple phoque. Je le connaissais, et il me connaissait. Nous étions des amis, rencontrés sur le champ de bataille. »
Echange entre Paul Watson, à bord du Sea Shepherd II, et un garde côtes de St John’s :
- GC: « Sea Shepherd II, this is the Canadian Coast Guard Base in St John’s, will you be entering the harbour, Captain? » (Sea Shepherd, ici la base canadienne des gardes côtes de St John’s, comptez-vous entrer dans le port, Capitaine ?)
- PW : « Negative. We will be staying outside the harbour » (Négatif. On va rester en dehors du port”)
- GC: “What are your intentions, sir?” (Quelles sont vos intentions, Monsieur?)
- PW : « Our intentions are to physically prevent any sealing ships from leaving the harbour of St John’s » (Notre intention est d’empêcher physiquement tout bateau de chasseurs de phoques de sortir du port de St John’s)
- GC : « How do you intend to do that, Captain ? » (Comment comptez-vous faire ça, Capitaine?)
- PW : « If we are forced to ram them to stop them, we will do so » (Si nous sommes obligés de leur rentrer dedans pour les arrêter, nous le ferons)
Après une longue pause à la radio:
- GC : « Captain, we will get back to you soon » (Capitaine, on revient vers vous dans quelques instants)
- PW : « Sea Shepherd II, standing by » (Sea Shepherd II, on attend)
Puis plus tard avec un membre d’équipage:
- ME: « You aren’t serious about ramming them are you ? » (Tu n’es pas sérieux quand tu dis que tu vas leur rentrer dedans, n’est-ce pas?)
- PW : « No, we won’t ram them, but the fact that we may ram them should be sufficient to deter them (…) it’s a case of using bluff as a tactic » (Non, on ne le fera pas, mais le simple fait que l’on puisse le faire devrait suffire à les décourager (…) c’est un exemple de tactique par le bluff)
