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	<title>VG Terre &#187; pro VG</title>
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	<description>La planète verte</description>
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		<title>L&#8217;intermède littéraire du jour</title>
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		<pubDate>Mon, 08 Feb 2010 20:26:33 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Marion</dc:creator>
				<category><![CDATA[Littérature]]></category>
		<category><![CDATA[Plutarque]]></category>
		<category><![CDATA[pro VG]]></category>
		<category><![CDATA[Rousseau]]></category>

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		<description><![CDATA[Quand Rousseau cite Plutarque dans L&#8217;Emile, cela donne ça: « Tu me demandes, disait Plutarque, pourquoi Pythagore s&#8217;abstenait de manger de la chair des bêtes ; mais moi je te demande au contraire quel courage d&#8217;homme eut le premier qui approcha de sa bouche une chair meurtrie, qui brisa de sa dent les os d&#8217;une [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: center;"><strong><a href="http://www.vgterre.net/wordpress/wp-content/uploads/2010/02/JJR.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-693" title="JJR" src="http://www.vgterre.net/wordpress/wp-content/uploads/2010/02/JJR.jpg" alt="JJR" width="244" height="310" /></a></strong></p>
<p style="text-align: center;"><strong>Quand Rousseau cite Plutarque dans <em><span style="text-decoration: underline;">L&#8217;Emile</span></em>, cela donne ça:</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><em>« Tu me demandes, disait Plutarque, pourquoi Pythagore s&#8217;abstenait de manger de la chair des bêtes ; mais moi je te demande au contraire quel courage d&#8217;homme eut le premier qui approcha de sa bouche une chair meurtrie, qui brisa de sa dent les os d&#8217;une bête expirante, qui fit servir devant lui des corps morts, des cadavres et engloutit dans son estomac des membres qui, le moment d&#8217;auparavant, bêlaient, mugissaient, marchaient et voyaient. Comment sa main put-elle enfoncer un fer dans le cœur d&#8217;un être sensible ? Comment ses yeux purent-ils supporter un meurtre ? Comment put-il voir saigner, écorcher, démembrer un pauvre animal sans défense ? Comment put-il supporter l&#8217;aspect des chairs pantelantes ? Comment leur odeur ne lui fit-elle pas soulever le cœur ? Comment ne fut-il pas dégoûté, repoussé, saisi d&#8217;horreur, quand il vint à manier l&#8217;ordure de ces blessures, à nettoyer le sang noir et figé qui les couvrait ?</em></p>
<p style="text-align: justify;"><em>Les peaux rampaient sur la terre écorchées,<br />
Les chairs au feu mugissaient embrochées ;<br />
L&#8217;homme ne put les manger sans frémir,<br />
Et dans son sein les entendit gémir.</em></p>
<p style="text-align: justify;"><em>« Voilà ce qu&#8217;il dut imaginer et sentir la première fois qu&#8217;il surmonta la nature pour faire cet horrible repas, la première fois qu&#8217;il eut faim d&#8217;une bête en vie, qu&#8217;il voulut se nourrir d&#8217;un animal qui paissait encore, et qu&#8217;il dit comment il fallait égorger, dépecer, cuire la brebis qui lui léchait les mains.<br />
C&#8217;est de ceux qui commencèrent ces cruels festins, et non de ceux qui les quittent, qu&#8217;on a lieu de s&#8217;étonner : encore ces premiers-là pourraient-ils justifier leur barbarie par des excuses qui manquent à la nôtre, et dont le défaut nous rend cent fois plus barbares qu&#8217;eux.<br />
« Mortels bien-aimés des dieux, nous diraient ces premiers hommes, comparez les temps, voyez combien vous êtes heureux et combien nous étions misérables! La terre nouvellement formée et l&#8217;air chargé de vapeurs étaient encore indociles à l&#8217;ordre des saisons ; le cours incertain des fleuves dégradait leurs rives de toutes parts ; des étangs, des lacs, de profonds marécages inondaient les trois quarts de la surface du monde ; l&#8217;autre quart était couvert de bois et de forêts stériles. La terre ne produisait nuls bons fruits ; nous n&#8217;avions nuls instruments de labourage ; nous ignorions l&#8217;art de nous en servir, et le temps de la moisson ne venait jamais pour qui n&#8217;avait rien semé. Ainsi la faim ne nous quittait point. L&#8217;hiver, la mousse et l&#8217;écorce des arbres étaient nos mets ordinaires. Quelques racines vertes de chiendent et de bruyères étaient pour nous un régal ; et quand les hommes avaient pu trouver des faînes, des noix ou du gland, ils en dansaient de joie autour d&#8217;un chêne ou d&#8217;un hêtre au son de quelque chanson rustique, appelant la terre leur nourrice et leur mère : c&#8217;était là leur seule fête ; c&#8217;étaient leurs uniques jeux ; tout le reste de la vie humaine n&#8217;était que douleur, peine et misère.<br />
« Enfin, quand la terre dépouillée et nue ne nous offrait plus rien, forcés d&#8217;outrager la nature pour nous conserver, nous mangeâmes les compagnons de notre misère plutôt que de périr avec eux. Mais vous, hommes cruels, qui vous force à verser du sang ? Voyez quelle affluence de biens vous environne! combien de fruits vous produit la terre! que de richesses vous donnent les champs et les vignes! que d&#8217;animaux vous offrent leur lait pour vous nourrir et leur toison pour vous habiller! Que leur demandez-vous de plus ? et quelle rage vous porte à commettre tant de meurtres, rassasiés de biens et regorgeant de vivres ? Pourquoi mentez-vous contre votre mère en l&#8217;accusant de ne pouvoir vous nourrir ? Pourquoi péchez-vous contre Cérès, inventrice des saintes lois, et contre le gracieux Bacchus, consolateur des hommes ? comme si leurs dons prodigués ne suffisaient pas à la conservation du genre humain! Comment avez-vous le cœur de mêler avec leurs doux fruits des ossements sur vos tables, et de manger avec le lait le sang des bêtes qui vous le donnent ? Les panthères et les lions, que vous appelez bêtes féroces, suivent leur instinct par force, et tuent les autres animaux pour vivre. Mais vous, cent fois plus féroces qu&#8217;elles, vous combattez l&#8217;instinct sans nécessité, pour vous livrer à vos cruelles délices. Les animaux que vous mangez ne sont pas ceux qui mangent les autres : vous ne les mangez pas, ces animaux carnassiers, vous les imitez ; vous n&#8217;avez faim que des bêtes innocentes et douces qui ne font de mal à personne, qui s&#8217;attachent à vous, qui vous servent, et que vous dévorez pour prix de leurs services.<br />
O meurtrier contre nature! si tu t&#8217;obstines à soutenir qu&#8217;elle t&#8217;a fait pour dévorer tes semblables, des êtres de chair et d&#8217;os, sensibles et vivants comme toi, étouffe donc l&#8217;horreur qu&#8217;elle t&#8217;inspire pour ces affreux repas ; tue les animaux toi-même, je dis de tes propres mains, sans ferrements, sans coutelas ; déchire-les avec tes ongles, comme font les lions et les ours ; mords ce bœuf et le mets en pièces ; enfonce tes griffes dans sa peau ; mange cet agneau tout vif, dévore ses chairs toutes chaudes, bois son âme avec son sang. Tu frémis! tu n&#8217;oses sentir palpiter sous ta dent une chair vivante! Homme pitoyable! tu commences par tuer l&#8217;animal, et puis tu le manges, comme pour le faire mourir deux fois. Ce n&#8217;est pas assez : la chair morte te répugne encore, tes entrailles ne peuvent la supporter ; il la faut transformer par le feu, la bouillir, la rôtir, l&#8217;assaisonner de drogues qui la déguisent : il te faut des charcutiers, des cuisiniers, des rôtisseurs, des gens pour t&#8217;ôter l&#8217;horreur du meurtre et t&#8217;habiller des corps morts, afin que le sens du goût, trompé par ces déguisements, ne rejette point ce qui lui est étrange, et savoure avec plaisir des cadavres dont l&#8217;œil même eût eu peine à souffrir l&#8217;aspect. »</em></p>
<p style="text-align: justify;">Merci à notre VG Terrienne de petite soeur, infiltrée en prépa BL, pour la citation. Rien de tel qu&#8217;une bonne bouchée de mots bien pensés, à la sauce pro-VG, pour nourrir sa matière grise et se régaler les synapses.  J&#8217;en ai les axones qui frémissent d&#8217;émotion&#8230;</p>
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